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Oignon Fugace

[EL] Pourquoi vous DEVEZ bien dormir ?

« J’ai toujours envié les gens qui dorment facilement. Leur esprit doit être plus clair, le plancher de leur crâne bien balayé, tous les petits monstres enfermés dans la malle au pied du lit. »

David Benioff, dans La ville des voleurs​​

Il y a quelques jours, je partageais avec vous 5 astuces pour bien dormir. L’article se concentrait uniquement sur les techniques qui permettent d’améliorer votre sommeil. Il est temps d’en savoir plus sur les bienfaits d’un bon sommeil, et bien sûr, sur les conséquences d’un mauvais. 

Le sommeil est bénéfique pour bien des choses ! Nous en verrons quelques-unes, mais ne perdons pas de vue notre objectif principal : l’apprentissage. C’est notre capacité à apprendre et ​à retenir, qui nous importe le plus, et il se trouve que le sommeil joue un grand rôle dans ce domaine. Et pourtant je ne me doute pas que beaucoup d’étudiants fêtards ignorent complètement cet aspect de l’apprentissage. Loin de moi l’idée de vous demander de vous couper de toutes interactions sociales, mais vous verrez que de temps en temps, il faut savoir faire quelques concessions. Je ne jette pas la pierre sur les étudiants. Je suis d’ailleurs mal placé pour le faire. Bien au-delà des campus et des lycées, nous sommes tous très nombreux à sous-estimer l’importance de dormir suffisamment longtemps chaque nuit. 

Nous nous rendons rarement compte de la diminution réelle de nos performances lorsque nous sommes en déficit de sommeil. ​

​Pour bien insister sur ce point et sur la nécessité de bien dormir, je me suis dit que quelques bonnes études valaient bien mieux que mille explications. Accrochez-vous ! Cet article se veut très riche en références scientifiques. Voyons immédiatement. 

Les conséquences du manque de sommeil

​Basons-nous sur une première étude : Patterns of performance degradation and restoration during sleep restriction and subsequent recovery : a sleep dose-response study. Si vous n’y comprenez pas grand-chose, ce n’est pas grave. Je vous ai concocté un petit résumé bien plus digeste !

Quatre groupes de personnes ont été formés. Des personnes normales, comme vous et moi. Leurs instructions sont simples : dormir toujours le même nombre d’heures chaque nuit pendant 7 jours, respectivement 3, 5, 7 et 9 heures. 

Des chercheurs sont présents pour mesurer régulièrement leurs performances en matière de vitesse pour résoudre des tâches psychomotrices, et en terme de temps de réaction​. 

Les résultats ne vous surprendront certainement pas, mais ils sont tout de même très évocateurs !

  • Les personnes ne dormant que 3 heures par nuit voient leurs performances diminuer continuellement jours après jours.
  • Les personnes dormant 5 heures par nuit témoignent également d’une baisse de performance​. Toutefois cette baisse se stabilise au bout de quelques jours, mais bien sûr à un niveau bien inférieur à celui avec lequel elles avaient commencé l’expérience.
  • Les personnes dormant 7 heures par nuit ont vu leur vitesse de résolution des tâches diminuer dans un premier temps puis se stabiliser. Toutefois leurs temps de réaction n’ont subi aucune modification.
  • Et les personnes dormant 9 heures par nuit n’ont témoigné d’aucune diminution de performance. 

​Après trois jours de récupération à raison de huit heures de sommeil par nuit, une nouvelle analyse a été faite. 

  • Les personnes ayant dormi 3 heures ont récupéré à un niveau de performance similaire au groupe ayant dormi 5 heures.
  • Les personnes ayant dormi 5 et 7 heuren’ont pas récupéré et sont restées avec des performances fortement diminuées.
  • Les personnes ayant dormi 9 heures sont naturellement restées à leur niveau de performance élevé habituel.

​Les résultats sont particulièrement édifiants et parlent d’eux-même. Au final nous apprenons que notre cerveau peut éventuellement s’habituer à un manque de sommeil seulement si le nombre d’heures de sommeil par nuit ne descend pas en dessous d’un certain seuil, et bien sûr au prix d’une dégradation importante de nos performances. Et le plus édifiant est de se rendre compte que trois nuits de sommeil de récupération ne suffisent pas à récupérer le déficit de sommeil. 

Je me suis moi-même dit pendant longtemps que le week-end me permettrait de récupérer mes mauvaises nuits de la semaine, ou que je dormirai plus le lendemain pour récupérer d’une soirée de la veille. Mais malheureusement ce n’est pas comme ça que ça marche, une nuit trop courte ne se récupère pas aussi facilement et altère grandement nos capacités. 

​Cette étude se base sur 9 heures pour la meilleure performance. Mais ceci ne veut pas dire que vous êtes obligé de dormir 9 heures par nuit. Une autre étude a été menée et a démontré que dormir 8 heures par nuit permettait généralement d’augmenter significativement les performances. Selon la même étude, dormir 6 heures par nuit pendant 14 jours d’affilée revient à faire une nuit blanche (et 2 nuits blanches d’affilée pour 4 heures par nuit)

​Une autre encore a démontré que faire une nuit blanche est équivalent, en terme de performances mentales, à avoir 1 gramme d’alcool par litre de sang. En gros, dormez 6 heures par nuit pendant 14 jours et attendez-vous à devoir conduire bourré toute la journée (seulement sur vos performances mentales, on est bien d’accord)

​Si vous souhaitez aller encore plus loin, vous pouvez vous renseigner sur cette dernière étude que j’ai à vous proposer : The Effects of Sleep Deprivation on Performance During Continuous Combat Operations

Celle-ci porte sur les performances de plusieurs groupes de militaires durant une opération étalée dans le temps. Étant donné que nous avons déjà bien vu le cœur du problème, je ne vais vous présenter que le graphique suivant, il fait une bonne synthèse de tout ce que nous venons de voir.

Le principe de ces études est très simple, et pourtant il démontre parfaitement bien que les conséquences du manque de sommeil peuvent être énormes sur les performances et capacités cognitives (mémoire, apprentissage), de réflexes , coordination, et bien d’autres. Et pourtant nous nous leurrons inconsciemment. La deuxième étude que je vous ai présentée montre que les personnes dormant 6 et 4 heures par nuit ont systématiquement sous-estimé l’impact de leur manque de sommeil sur leurs performances. Nous avons souvent l’impression de gérer une situation alors qu’il n’en est rien.  

Si même les militaires font attention à leur sommeil pour être plus performant, alors pourquoi pas nous ? 

Résumons les conséquences du manque de sommeil :

  • ​Diminution de la concentration
  • Diminution de la consolidation de la mémoire, moins de mémoire quoi …
  • Capacités d’apprentissage diminuées
  • Augmentation du stress
  • Troubles de l’humeur, augmentation de l’émotivité
  • Baisse de moral
  • Déséquilibre alimentaire, augmentation de l’appétit
  • Développement potentiel de maladies à caractère psychosomatique (asthme, allergies, mal de dos, migraines, etc.)
  • Diminution de l’immunité
  • Risque d’AVC plus accru
  • Et j’en passe et des meilleurs !

Francesco Cappuccio, responsable d’une étude menée à la Warwick Medical School, nous dit que “la tendance moderne de se coucher tard et de se lever très tôt n’est rien de moins qu’une bombe à retardement pour votre santé. Il est impératif d’agir rapidement afin de réduire vos risques en ce qui concerne ces maladies très graves. »

Pourquoi bien dormir ?

​Maintenant que vous connaissez toutes les conséquences d’un mauvais sommeil, vous vous dites qu’il est indispensable de bien dormir. Ceci vous permettra d’éviter toutes les complications de santé dues au manque de sommeil, mais surtout, ceci vous permettra d’être plus performant dans votre apprentissage, votre mémorisation et votre productivité

​Définissez une fois de plus vos objectifs, et demandez-vous ce qu’il faut que vous fassiez pour les atteindre. Bien dormir est-elle une de ces actions et habitudes à mettre en place ? Certainement.

Lorsque nous sommes éveillés, le cerveau accumule des toxines créées par les processus mentaux et il est nécessaire de dormir pour que le cerveau élimine ces toxines grâce à des processus de “nettoyage” qu’il n’est pas capable de mettre en place durant l’éveil. ​

Le cerveau travaille la nuit et lorsque nous nous reposons. Bien dormir permet de mettre à profit cet aspect. Un texte appris avant de se coucher sera plus aisément retenu qu’un texte appris le matin. Faites-en l’expérience pour vous en convaincre. Apprenez du vocabulaire d’anglais le soir avant de vous coucher par exemple, puis apprenez en aussi le matin en vous levant et analysez vos performances de mémorisation dans les deux cas. Vous verrez rapidement quelle est la meilleure solution. 

Le sommeil ancre la mémoire. Il permet au cerveau de faire des connexions qu’il n’est pas capable de faire lorsque les processus très consommateurs d’énergie de l’éveil sont en marche. Il fixe les données et informations qu’il retient et accumule tout au long de la journée. Il retient plus facilement celles qui lui sont les plus récentes. Il est donc intéressant de relire un cours avant de se coucher par exemple. ​

Au final, si vous avez bien une chose à retenir, c’est que ne pas dormir pour apprendre plus est totalement CONTRE-PRODUCTIF. L’effet récolté est contraire à celui que vous recherchez. Vous allez diminuer significativement vos performances d’apprentissage. ​

​Conclusion

​Un mauvais sommeil est mauvais pour l’apprentissage. Un bon sommeil est bon et permet d’améliorer ses performances. Voilà à peu près tout ce qu’il faut retenir. 

D’après les études que je vous présente dans l’article, le nombre d’heures de sommeil idéal est de plus ou moins 8 heures. Dites-vous que la majorité de la population a besoin de dormir 8 heures par nuit pour être au top de son potentiel de performances. ​Toutefois une minorité de la population peut se contenter de seulement 5 heures de sommeil sans que ceci affecte leurs performances et au contraire, une autre minorité aura besoin d’un minimum de 9 ou 10 heures pour garder la forme. Autrement dit, si vous pensez que vous avez besoin de plus ou de moins de 8 heures de sommeil pour être au top, il est fort probable que vous vous trompiez lourdement. Toutefois il se peut vous fassiez partie des heureux gagnants, ou malheureux perdants, de la loterie génétique du sommeil. Dans ce cas ne loupez pas le prochain article que je ferai sur le sommeil, et dans lequel je détaillerai comment il est possible de mesurer le temps de sommeil dont nous avons réellement besoin. 

Maintenant, il est nécessaire de connaître des méthodes qui vous permettent de mieux dormir. Il en existe plusieurs. J’en ai réuni quelques unes dans cet article, que j’utilise personnellement. Comme bien d’autres méthodes, il vous appartient de les mettre en place immédiatement, et si vous doutez de celles-ci, agissez en bon sceptique, et testez-les pour vous en faire une idée. 

Sur ce, bonne journée et surtout, bonne nuit à tous :)​

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[EL] Arrêtez de procrastiner et restez focus avec la technique Pomodoro

Une voix dans votre esprit vous murmure que vous devriez vous organiser de la sorte :

Mais vous avez la malheureuse et triste impression de vivre ceci :

Vous êtes atteint de procrastination.

Procrastination … un bien grand mot ! Vous êtes ici à la recherche de solutions non ? Et bien … vous êtes au bon endroit. Mais une fois cet article terminé, n’oubliez pas que vous avez du travail ! Ne vous éternisez pas ici ! 

Ciblons le cœur du problème. L’analyse est simple. La procrastination ne se fait sentir qu’à un seul moment du processus d’apprentissage : le début d’une tâche. Le moment où il faut se mettre au travail. Et c’est tout ! Imprégnez vous de cette analyse, et vous verrez qu’il n’y a pas maladie plus facile à guérir que la procrastination ! 

Il suffit de se mettre au travail. La suite n’est qu’une formalité. Dépassez cette première, tenace et unique résistance mentale qui vous dit qu’il y a des tonnes et des tonnes de choses plus amusantes à faire. Passez cette épreuve, et dans la plupart des cas, vous serez capable de bosser intensément des heures et des heures sur une tâche, et même prendre plaisir à le faire. 

Bon, vous allez me dire que c’est bien beau, mais ça ne fait pas avancer le schmilblick tout ça. 

Il existe plusieurs techniques qui peuvent vous permettre de vous motiver et de surmonter la procrastination. L’engagement fait partie de ces très bonnes méthodes, j’en parle ici. ​

Mais dans cet article, je vais vous parler d’une technique encore plus puissante. Celle-ci se focalise sur le problème principal : la première action. ​

Voyons la ​technique Pomodoro. “Pomodoro” veut dire “tomate” en italien, d’où la tomate sur la photo 🙂

​La philosophie de cette technique repose sur deux points principaux.

  • Dépasser la barrière de la première action.
  • Permettre de se concentrer intensément sur une seule tâche à la fois (appelée une tomate …)​

​Si vous croyez être multitâche et être capable de faire une multitude de choses en même temps, toutes aussi bien les unes que les autres, alors vous vous leurrez. Pour être réellement efficace dans la réalisation d’une tâche, il est nécessaire d’être profondément impliqué dans celle-là. Si vous vous impliquez dans plusieurs tâches à la fois, alors votre niveau d’implication dans chacune d’elles sera nettement inférieur à celui qu’il pourrait être si vous vous concentriez sur une seule de ces tâches. Au final, vous perdez du temps à essayer d’aller plus vite. Soyez 20/80

Assez parlé, voyons comment mettre en place la technique Pomodoro en 2 étapes simples. Et bien entendu, allons encore plus loin en essayant de l’améliorer. 

​1ère étape – Choix de la tomate

​Définissez une tâche à faire, et une seule. Celle-ci peut être faire un commentaire de texte, faire un exercice, revoir telle partie d’un cours, écrire un article, etc. 

​L’important est que la tâche soit bien précise. Pas une liste de tâche, une seule tâche. 

Prenez un minuteur, puis réglez le sur 25 minutes. ​Il est important de bien prendre un minuteur, et non pas de se baser sur l’heure qu’il est, vous allez comprendre pourquoi. 

Travaillez intensément sur votre tâche pendant ces 25 minutes. Vous devez être ultra-productif. Une locomotive. Ne pensez pas à l’heure. Le minuteur est là pour vous arrêter quand il le faudra. ​

Si une distraction venait à survenir, n’importe laquelle, notez la sur une feuille de papier. Qu’elle soit une tâche importante (comme travailler sur un autre sujet d’un autre cours que vous avez complètement oublié ou ajouter du PQ sur votre liste de courses), ou qu’elle vous menace de passer du côté obscur de la force, il est important de l’externaliser. Dans le premier cas, l’externalisation vous permet de vous en rappeler plus tard, et dans le deuxième cas, vous musclez votre volonté en surpassant vos envies inutiles et peu productives, mais faussement libératrices. 

2ème étape​ – Prenez une pause

​Lorsque le minuteur sonne, prenez une pause de 5 minutes (en réglant le minuteur sur 5 minutes sinon vous risqueriez de vous oublier).

​Ne faites rien durant ces 5 minutes. Reposez-vous, détendez-vous. Éventuellement jouez d’un peu de guitare, pensez à quelque chose qui vous amuse, lisez. Évitez de vous jeter directement sur votre téléphone pour engager une conversation, ou pour vous rendre sur vos réseaux sociaux. D’une, faire ceci est un facteur de stress et de deux, vous serez plus enclin à prolonger votre pause indéfiniment, ce qui n’est bien sûr, pas votre objectif. 

Au bout des ces 5 minutes, ​recommencez une session de 25 minutes de travail intensif. Puis répétez le processus autant de fois que vous le désirez et autant de fois que nécessaire. Au bout de quatre sessions de 25 minutes, prenez une pause plus conséquente d’une demi-heure dans laquelle vous êtes libre de faire tout ce que vous voulez. 

​Le principe de ces pauses tire son origine dans une partie inconsciente de notre cerveau. Celui-ci ne peut pas emmagasiner continuellement de nouvelles informations. Il a besoin de pauses pour les assimiler et créer des connexions qui ne pourraient pas être créées autrement. Faire 25 minutes de travail intensif suivi d’une pause de 5 minutes permet donc de tirer un maximum d’efficacité sur la réalisation de la tâche initialement définie. Les pauses peuvent être plus ou moins longues, à partir du moment où elles sont intelligemment proportionnelles à la période de travail. Les plus grands scientifiques témoignent de ce phénomène. Cédric Villani tient sa médaille Fields d’une bonne nuit de sommeil suivant une période de travail ultra intensive qui n’aboutissait à rien de concluant. L’idée de la solution à son problème lui est parvenu durant la nuit. 

On ne peut pas faire plus simple que cette méthode de travail. Travaillez 25 minutes, prenez 5 minutes de pause, et recommencez. Et c’est tout. Ne me dites pas que vous ne pouvez pas la mettre en place dès maintenant. Faites au moins preuve de bon scepticisme

Pourquoi c’est génial ?

L’externalisation du temps

​Grâce au minuteur, vous déléguez la gestion de votre temps à un appareil qui ne dépend pas de vous. Vous n’avez plus à vous demander combien de temps vous êtes supposé travailler. Et ceci fait toute la différence. 

En tant qu’humain, nous avons​ tous tendance à agir en conséquence de nos décisions. C’est un fait. Prenez par exemple un homme qui met une grosse mise sur un cheval et son écuyer lors d’une course équestre. Vous pouvez être certain qu’il sera bien plus convaincu de la victoire du duo après qu’il ait fait sa mise, plutôt qu’avant. Ce phénomène vous est certainement déjà arrivé. 

Et bien utilisez le avec le minuteur. Définissez un certain temps de travail, déléguez la gestion de ce temps, et vous pouvez être certain que vous le respecterez … inconsciemment. 

Puis, le simple fait de devoir se concentrer et penser au temps qui passe (et à combien de temps il nous reste avant la pause), épuise considérablement nos réserves de volonté. Vous serez plus distrait et moins efficace. 

Recadrer les tâches

​La principale cause de procrastination est la résistance mentale qui nous empêche de faire la première action. Et c’est toute la puissance de la technique Pomodoro que de vous permettre de surmonter cette résistance. 

Inconsciemment, votre cerveau sait que vous n’allez travailler que 25 minutes avant la pause. Il sait que votre engagement ne tient qu’à ces 25 premières minutes, et pas au-delà. Si vous ne voulez pas continuer, vous pouvez. Il n’y a plus d’engagement. Votre cerveau est donc beaucoup plus enclin à franchir le premier acte, et à se mettre au travail. 

Et ça y est, le problème de procrastination est réglé. 

Ne vous fixez pas des tâches comme : “Faire cette feuille d’exercices” ; “Réviser tel cours” ; “Rédiger ce commentaire de texte”. Non. Forcément que vous allez procrastiner. Qui voudrait réaliser ces tâches ? 

Dites-vous : “Je bosse à fond pendant 25 minutes sur l’exercice 1 de cette feuille d’exercice, sur le premier chapitre de ce cours, etc. Puis je prends 5 minutes de pause.” 

L’externalisation des distractions​

​La feuille où vous noterez vos distractions n’est pas seulement importante pour le simple fait de retirer de votre esprit vos envies subites qui viennent vous déranger dans votre tâche, pour les remettre à plus tard. Cette externalisation va beaucoup plus loin. Elle met en relation l’envie de la distraction avec l’action que vous prenez pour surmonter cette envie. Inconsciemment (oui encore !), votre cerveau associe une envie à une remise à plus tard. Plus vous faites de sessions Pomodoro, plus vous musclez votre volonté, et plus vous êtes enclin à résister aux distractions. Au fil du temps, vous devenez naturellement plus productif, sans même avoir à lutter contre les distractions. 

​Et pour aller plus loin

Vous vous doutez bien que je ne peux pas m’arrêter là. Toute technique préexistante peut être améliorée et adapter à chaque personne qui l’utilise. ​Voyons donc rapidement six astuces qui vous permettront d’aller plus loin. 

  • ​Utilisez l’application Tide sur Android et Iphone. La meilleure application utilisant la technique Pomodoro que je n’ai jamais trouvée ! Elle concentre minuteur et musique d’ambiance dans une intarce magnifiquement réalisée. Détail important, si vous quittez l’application, celle-ci met fin à la session, ce qui vous oblige à ne pas utiliser votre téléphone durant les 25 minutes. 
  • Combinez une session Pomodoro avec d’autres méthodes d’apprentissage pour toujours plus d’efficacité. 
  • Utilisez le logiciel Cold Turkey Writter. Ce logiciel est un puissant bloqueur de distractions. Lorsque vous lancez une session Pomodoro, vous ne pouvez rien faire d’autre sur votre ordinateur que d’écrire dans la page de traitement de texte que vous propose le logiciel. 
  • Expérimentez plusieurs temps de travail et de pause différents. Tout le monde est différent. Peut-être préférez-vous faire 30/7 minutes, 35/8, ou 50/10. Quoi qu’il en soit je vous conseille de ne pas dépasser une heure de travail consécutif. 
  • Si vous utilisez la technique Pomodoro seulement pour surmonter la procrastination et que vous n’avez pas de mal à rester concentré et à être efficace pendant votre période de travail, vous pouvez décider de partir dans l’objectif des 25 minutes, mais ne vous sentez pas obligé de vous arrêter au bout des 25 minutes. 
  • Enfin, veillez à ce que votre espace de travail soit libre de toute distraction potentielle lorsque vous commencez une session. Veillez aussi à réunir tout ce dont vous avez besoin pour travailler, sans quoi vous serez distrait à devoir réunir tout ce matériel durant la session. 

​Vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire ! Prenez cette technique comme un jeu et cultivez votre tomate.

Au travail. 

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[EL] Le principe de Pareto, ou comment avoir du temps en « trop » !

Ça fait quelque​ temps que je vous parle d’efficacité, des meilleures actions à réaliser pour bien gérer son temps. Je vous dis qu’il est possible de travailler moins pour de plus de résultats, d’atteindre ses objectifs avec le moins d’énergie et d’efforts possible, qu’il est possible de libérer du temps pour soi, ou pour le consacrer à encore plus de productivité …

Il est temps de mettre un nom sur ces déclarations ! Et accrochez-vous parce que le principe que je vais vous faire découvrir est la base à connaitre pour une meilleure gestion de son temps. Je vais très très souvent y faire allusion dans tous mes prochains articles. 

​Mais avant ça, plongeons-nous au début du XXème siècle. Un ingénieur de formation, économiste, et sociologue italien rédigea, dans son oeuvre la plus connue (Cours d’économie politique), une loi simple, pourtant peu explorée, sur la répartition des revenus. 

En voulant comprendre comment les riches obtenaient leurs richesses et leur puissance, il analysa de nombreuses données et se rendit compte qu’à n’importe quel endroit de la planète et à n’importe quelle époque, seulement 20% de la population se partageait 80% des richesses. Il donna alors son nom à cette loi : le principe de Pareto était né. ​

Wilfried Pareto (ou Vilfredo pour son équivalent italien) était alors loin de se douter que la formule mathématiques qu’il a utilisée aurait une portée bien supérieure à l’application sur les revenus. Cette loi se révèle être universelle et terriblement puissante. 

Il suffit de chercher un peu autour de soi, et on la retrouve partout. Pareto lui-même, dit-on, en a fait l’observation : 80% des petits pois de son jardin provenaient de seulement 20% de ces plantations

Observons nous-même :

  • 20% des clients d’une entreprise génèrent 80​% du chiffre d’affaire.
  • Nous portons 20% de nos vêtements 80% du temps.
  • 20% des criminels sont responsables de 80% des crimes. 
  • 80% de tous les gains en bourse sont réalisés par 20% des investisseurs. 
  • 80% de nos résultats dépendent de 20% de nos actes. 
  • 80% des conséquences découlent de 20% des causes.
  • 80% des résultats découlent de 20% de l’effort et du temps.
  • Vous l’avez vu, la liste est infiniment longue et variée. 

​Certes, cette loi est valable dans les deux sens 20/80, et 80/20, et que le ratio peut bien évidemment varier (90/10, 95/5, pourquoi pas même 99/1 !), mais il y a une seule chose à retenir :

​80% des effets sont produits par 20% des causes.

​Dès que je suis tombé sur ce principe, j’ai immédiatement cherché à savoir quels étaient, dans ma vie, les 20% des causes qui produisaient 80% de mon stress et de mon insatisfaction. Je me suis bien vite rendu compte que la majorité de mes problèmes et de mon stress ne provenaient que d’une petite minorité des causes. Dès lors, il n’y avait plus qu’à éliminer ces 20% de causes pour vivre une vie bien plus sereine. Par ailleurs, étant un grand passionné d’escalade et cherchant toujours à améliorer mon niveau, je me suis penché sur les 20% de mes pratiques d’entrainement qui était à l’origine de 80% de ma progression. Ceci m’a permis de révéler toutes les petites pratiques que je réalisais bien trop souvent, et qui ne m’apportaient qu’une minorité de progression. Vous connaissez la suite. J’ai tout bonnement éliminé ces pratiques pour me concentrer uniquement sur celles qui fonctionnent le mieux. Résultats, une progression fulgurante !

Faites de même, faites une analyse de vous-même et déterminez les actions à éliminer et celles à mettre en avant. Il n’y a même pas besoin de bon scepticisme. Ce n’est que du bon sens !​ 

Mais je vous vois venir … vous allez me dire : mais quel rapport avec les études ?

Tout !

Ne vous êtes-vous jamais dit en prenant un cours, que de toute manière, vous n’allez n’en revoir qu’une petite partie, et que le reste partira aux oubliettes ? 

​Tout justement. Concentrez-vous uniquement sur les notes que vous allez revoir, et faites en sorte qu’elles soient le plus lisible, et le plus efficace possible, au lieu de prendre entièrement un cours, en sachant pertinemment que vous ne le relirez jamais ! Analysez vos méthodes de travail et mettez en valeur celles qui vous apportent la majorité de vos résultats, et éliminez celles qui n’en apportent qu’une minorité.

Mais sachez aussi qu’il existe de nombreuses méthodes très efficaces, que vous n’utilisez probablement pas, et qui rapportent des résultats incroyables à moindre effort. C’est toute l’idée de ce blog de vous les présenter, de vous les faire connaître, et de vous permettre de les mettre en application. ​Toutes les méthodes que je vous présente (ou presque), sont 20/80, dès lors que l’on supprime toutes les anciennes, vielles et médiocres méthodes que nous avons l’habitude d’utiliser depuis longtemps. Ah l’habitude ! Toujours à double tranchant. Inoffensif ami qui nous veut du mal, ou redoutable ennemi qui nous veut du bien ? Je pense qu’il faut juste savoir l’apprivoiser. 

Chaque fois que vous travaillez sur une matière, sur un sujet, un concept, pour une interro, un partiel, etc., demandez-vous si votre méthode de travail est 20/80. Demandez-vous s’il n’est pas possible de supprimer quelque chose dans ce que vous êtes en train de faire, et de mettre l’accent sur une autre. ​

Par exemple, si votre objectif est purement et simplement de réussir vos études, sans vouloir aller plus loin dans votre apprentissage et votre culture générale liée à votre domaine d’études, ​concentrez-vous uniquement sur les attentes de vos professeurs lors des partiels. Il est inutile de travailler toutes les notions d’un cours à même intensité. Apprenez et retenez que ce qu’il est indispensable d’apprendre et de retenir. Bref, concentrez-vous sur l’essentiel. 

Si vous êtes plus curieux et avide de connaissances dans plein de domaines différents, alors soyez 20/80 dans vos méthodes de travail, vous vous libérerez alors toujours plus de temps, pour toujours plus de connaissances, et vous vous épanouirez parfaitement​.

Quelque soient vos objectifs, naviguez sur ce blog, et vous trouverez de nombreuses techniques et méthodes qui vous permettront de les réussir. ​

Simple n’est-ce pas ?

Mais alors, pourquoi tant de monde travaille tellement ? Pourquoi tant de monde reste dans l’ignorance de ces méthodes et de ce bon sens ?

Le mauvais pouvoir de l’habitude certainement. Les mauvaises méthodes sont malheureusement bien ancrées en nous-même et il est parfois compliqué de s’en dépêtrer. Mais c’est possible, il suffit d’y croire 😉

Puis bien souvent, les gens aiment se sentir occupé. Ils ont besoin d’être toujours impliqué à fond dans leurs engagements, leurs études, leur travail. Il est parfois nécessaire de lever ​la tête et de se rendre compte que nous ne sommes pas sur le bon chemin, et qu’il est encore temps d’agir. Le travail pour le travail est rarement bon. 

Et la peur. Souvent inconsciente​ je vous l’accorde, mais bien réelle. Pourquoi faire autrement alors que tout le monde fait comme j’ai toujours appris à faire ? Et si ça ne marchait pas ? Et si ce n’était pas fait pour moi ? Et si je passais pour paresseux en travaillant moins, pour un marginal ? Et comment me verraient les gens si j’étais différent ? Perdrais-je mes amis ? La confiance et la reconnaissance de ma famille ? 

Quel est votre but dans la vie ? Réfléchissez. Croyez-y. Et agissez.

Soyez de ceux qui privilégient leurs meilleures plantations de petits pois, en dépit des mauvaises. ​

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