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Oignon Fugace

JDB #Semaine 2 : « Mes études sont la seule chose qui m’empêche d’apprendre »

Vous avez là – en titre – une déclaration qu’Einstein à faite durant ses études universitaires(1). Sans prétentions de ma part, et après cette première semaine de cours terminée, je pense pouvoir comprendre ce que ce géni a pu ressentir tout au long de son cursus scolaire.  

Mais avant tout, pour bien comprendre mon propos, un petit retour sur mon parcours s’impose. J’estime pouvoir vous transmettre un savoir. Je vous laisse donc juger de ma légitimité pour que vous puissiez en saisir toute sa valeur.

Le blog existe depuis un certain temps déjà. Je l’ai créé en mars 2017, dans la foulée de ma démission de l’université Lyon 1.  Deux questions : qu’ai-je donc fait à l’université ? Et pourquoi en ai-je démissionné ?

#Études

Beaucoup de personnes se reconnaîtront dans les premières lignes de ce récit. Bac scientifique mention assez bien en poche, me voilà en route sur le chemin de l’autonomie. La fac, Mathématiques, Informatique. À l’époque, seul le diable savait bien ce dont je voulais faire de ma vie. Des séances d’orientation avons-nous eu ? Ah oui, ces heures perdues ! L’aéronautique : Ingénieur, pilote, contrôleur ? Non, pilote avant tout ; mais aucune chance ; myopie et concours impossible. Pilote d’hélicoptère ? C’est combien la formation ? 100.000 €. Ah mais c’est gratuit aux États-Unis ! Bon… Dans l’informatique ? Expert en sécurité des systèmes d’information. 10.000 € en fin de carrière avais-je vu sur internet. Voilà qui a au moins le mérite d’être alléchant. Astronaute ? Non, non … stop !

L’avenir dans un mixeur, je me suis donc retrouvé … à la fac. Première année, j’applique les mêmes méthodes de travail qu’au lycée. C’est-à-dire … pas de méthodes de travail. Comme je fais de l’escalade depuis longtemps, je poursuis à l’université. Un lieu rêvé pour profiter de l’émulation étudiante et performer. Je progresse. J’ai la tête à la grimpe. Les cours ? Je ne comprends pas grand-chose à vrai dire. Mais ce n’est pas grave. J’applique quelques méthodes de résolution, et ça passe sans trop de soucis. J’ai mon année, 11 de moyenne. Sans les honneurs, mais le contrat est rempli.

Deuxième année … la grosse claque ! Ah si on m’avait appris à étudier ! Les maths, c’est un arbre. Sans racines, y’a pas d’arbre ! Mes racines ? Il fallait creuser pour les trouver ! Le bac, c’est facile. Le lycée, c’est facile. Apprends sans comprendre et tu t’en sortiras. Mais étudie pour comprendre et tu réussiras bien au-delà du bac. Je regrette profondément que personne n’ait été là pour m’enseigner – moi et tous ceux dans une situation similaire – ces principes fondamentaux de l’apprentissage. Je ne blâme pas les profs. Ils ont beaucoup à faire. Toutefois, il y a beaucoup à dire sur nos systèmes éducatifs. Nous aurons le temps d’y revenir.

Le murest tombé. Infranchissable. Je ne comprends plus rien ! Que m’arrive-t-il ? Je sais aujourd’hui que j’aurais pu faire tous les efforts du monde pour surmonter ces difficultés, ceux-ci auraient été vains. Voici une petite analogie graphique. Voyez la courbe verte ci-dessous. Elle représente la quantité de travail à fournir en fonction de la difficulté croissante des notions à apprendre – donc le temps généralement. Elle croît, certes, mais à un rythme très raisonnable. En optimisant son temps et ses sessions de travail pour rendre ces dernières toujours plus efficaces, cela ne représente rien d’insurmontable.  

travail à fournir vs temps

Voyez maintenant la courbe rouge. Certains y reconnaîtront une exponentielle. Elle représente la quantité de travail à fournir pour maîtriser une notion dans le cas où vous n’avez pas travaillé – et surtout pas compris– tout ou partie des notions précédentes.

Remarquez que les premiers temps, l’exponentielle se trouve sous la droite. Les notions sont faciles. On se prend facilement à ne pas les travailler. Cela ne nous semble pas nécessaire. Grave erreur. Au point d’intersection, la tendance s’inverse, et vous avez tout intérêt à vous trouver sur une douce pente.

Voyez-vous où se situe le mur? Un jour arrivera où l’exponentielle sera tellement haute qu’il vous sera impossible de la satisfaire. Game over !

C’était ma L2. J’ai démissionné avant le Game over.

#Entreprenariat

À l’époque, la bouillie dans le mixeur commençait à ne plus faire sens. Je me suis raccroché à celle-ci bien trop longtemps. Il fallait bien trouver du travail après les études ! Que peut-on faire d’autre dans notre société ? J’avais toujours l’espoir d’être assez bon en cours pour rejoindre l’ENAC et devenir pilote de ligne. Je me souviens de cette fois, en première année, où je suis sorti tard le soir me promener en ville pour réfléchir sur l’avenir. Comme beaucoup d’étudiants, j’ai pris la résolution de « me mettre au travail » (peu importe ce que ça peut bien vouloir dire) et de bosser en vue de cet objectif. Deux problèmes. L’un : l’objectif n’était pas assez authentique pour me permettre de surmonter les difficultés que j’allais rencontrer. L’autre : j’étais déjà bien trop engagé sur l’exponentielle ! Je l’ignorais alors, mais tout espoir était déjà perdu d’avance.

Un but. Réalisable ? Que peut-on bien faire d’autre dans notre société ? Gagner sa vie … Métro … Boulot … Dodo … Quel impact ? Je veux être utile. À tous, aux nécessiteux. Le salaire qui tombe à la fin du mois peut-il ne pas servir qu’à moi-même, à ma famille (hypothétique) ? Aussi élevé soit-il, il ne fera que peu de différence dans ce monde. 60.000€ par an ? 70h par semaine ? Plus assez de temps pour ce qui compte. Non. Je ne veux pas d’un salaire. Il doit y avoir un autre moyen !

Merci Oussama Ammar. Ces interrogations, c’est grâce à toi que je me les suis posées. L’élément déclencheur. Oui il y un autre moyen ! Pourquoi ne nous l’a-t-on jamais dit ? Pourquoi doit-on s’éduquer soi-même sur ce genre de questions ?

Il n’a pas fallu longtemps pour que mes recherches sur la toile et dans les livres deviennent infiniment plus enthousiasmantes que mes cours à l’université. J’avais enfin des projets en tête. Certes ceux-ci ne passaient pas par la conception standard de “projets de vie”. Même l’idée que je me faisais de l’entreprenariat était très différente des normes établies ; mais quand même, des projets !

Bon. Les premiers d’entre eux se sont très vite révélés infructueux. Mais peu importe. J’apprenais de mes erreurs. Je savais que j’étais sur le bon chemin. L’idée de ce blog et de sa monétisation est venue un peu plus tard. C’est alors que j’ai décidé de stopper mes études pour me concentrer sur la production de contenu pour celui-ci. La réalité est que si j’avais été sur la droite verte depuis le départ, concilier études et projets personnels n’aurait posé aucun souci.

Un mois et trente articles plus tard : l’insatisfaction. Quelque chose manquait. L’idée était d’aider des étudiants à réussir. Mes lectures m’ont fait prendre conscience que je sortais tout juste de l’exponentielle. Je découvrais mes erreurs passées. Je découvrais enfin tout ce que le système échoue à nous apprendre. Je savais comment réussir. Mais je n’avais pas réussi.J’avais des connaissances à transmettre, mais pas d’expertise. Cela, j’ai mis trop longtemps à le comprendre.

Les principes qui vous permettent de réussir académiquement vous permettrons en réalité de performer bien au-delà des sphères de l’école. Plus vous aurez pris de bonnes habitudes de travail et de réflexion tôt dans votre existence, plus vous pourrez prétendre au substantif de High Achiever. Vous savez, ceux qui semblent tout réussir sans effort apparent.

Ces habitudes, je n’ai pas su les prendre à temps. Pas étonnant donc que j’avais encore du mal à produire quelque chose dont je puisse être fier et qui puisse avoir un impact réel autour de moi. Si je voulais devenir l’un de ces High Achiever, des mesures étaient à prendre. Il allait falloir que je travaille sur moi ; que je rattrape le temps perdu.

Bien sûr, les choses se sont passées un peu différemment. J’ai mis longtemps à comprendre tout ce que je synthétise ici. Les processus mentaux sont parfois lents et il est plus facile de les analyser en rétrospective.

J’avais besoin de large et d’aventures. Je suis parti voyager un temps. Cela m’a aidé à élargir mes horizons. Mais tout n’était pas encore clair. Jusqu’au jour où j’ai décidé de reprendre l’étude des mathématiques en autodidacte.

#Autodidactisme

Quelle bonne décision se fut ! Oui, la tâche était colossale. J’avais beau avoir fait un peu plus d’un an de maths dans le supérieur, sans de solides racines, cela ne m’a pas servi à grand-chose. Il était enfin temps de les construire, ces racines ! Une feuille blanche, un stylo noir, et c’était parti. Je ne parlerai pas de programmes scolaires. J’ai horreur de ça. Les bases d’abord, puis petit à petit, l’arbre s’est construit. Tout comprendre était mon but. À ma grande stupéfaction, je me suis vite rendu compte que tout était facile. Quelques grands principes désormais connus à mettre en œuvre, une nouvelle passion s’autoalimentant, tous les ingrédients étaient présents pour aller loin.

J’aurai l’occasion de parler longuement des avantages de l’autoapprentissage. Tout ce que je peux dire ici, c’est que de nos jours les ressources sont tellement omniprésentes sur internet et dans les livres que la fonction d’enseignant – au sens classique du terme – tend largement à perdre de son prestige. Une notion me pose problème ? J’ai directement accès à une quantité presque illimitée d’explications différentes pour tenter de la comprendre. Je dois dire que, jusqu’alors, pas une seule notion apprise en autodidacte n’a résistée à ma compréhension. Je prends le temps d’approfondir l’aspect historique des découvertes. De m’imprégner de cette culture scientifique forgée au fils des siècles par des personnes toutes aussi inspirantes les unes que les autres. Quid de cet aspect en classe ? Rien. Quid de la curiosité intellectuelle ? Le désert.

Plus je fais des maths, plus je les trouve belles. Aucun enseignant n’a su allumer cette flamme par le passé. Tu n’as pas un esprit mathématique m’ont-ils dit, alimentant par la même occasion cette idée des maths pour les élites. Je leur réponds : attendez encore quelques années pour voir.

#Re-Étude

Mais … tout n’a pas été rose pour autant durant cette période. Je travaillais beaucoup, je m’isolais du monde. Cela m’a beaucoup servi les premiers temps. L’isolement permettait de me concentrer intensément et de couper court à toutes distractions. Sans lui, je n’en serais pas là aujourd’hui. Mais petit à petit, il est devenu évident qu’une bonne bouffée d’air était nécessaire.

Le blog était toujours là dans un coin de ma tête. Juste en stand-by pour quand je serais prêt. L’expertise manquante, en soi, je l’avais créée de toute pièce par l’autoapprentissage. Mais l’autoapprentissage n’a aucune valeur aux yeux des autres. La seule valeur qui compte est la formation diplômante. Malheureux, mais c’est comme ça.

La reprise d’études commençait alors à faire de plus en plus sens. C’est là que je vais pouvoir échanger avec des scientifiques, assouvir ma curiosité pour les lois de la nature, tester mes méthodes d’apprentissage, vous donner un retour sur ces tests, etc. Lyon ? Grenoble ? Cela s’est déterminé un peu sur le tas, et me voilà donc à Grenoble. Bien que c’était envisageable, je ne voulais pas reprendre les cours en L2. Il me manquait encore quelques notions de L1 et il était hors de question pour moi de faire des maths sous la pression. Ayant un peu d’avance sur le programme et surtout – parce que c’est le plus important – de solides racines, ainsi qu’une curiosité intellectuelle au plus haut, je suis sensé pouvoir aisément concilier étude des mathématiques (ainsi que d’autre matières scientifiques) et reprise d’activité sur le blog.

C’est là qu’Einstein refait surface. « Mes études sont la seule chose qui m’empêche d’apprendre » disait-il. Einstein était avant tout un autodidacte ; infiniment curieux du monde qui l’entourait. S’il voulait travailler sur quelque chose, c’est avec enthousiasme et appétit qu’il le faisait – par lui-même. Il n’attendait pas qu’on lui impose d’apprendre quelque chose pour qu’il se mette au travail.

Et les études, dans tout ça ? Elles représentent un frein énorme à cette capacité d’apprendre par soi-même. Je m’en rends compte aujourd’hui. Après avoir eu cette démarche autodidacte pendant un temps, j’ai la terrible impression que mes cours sont une perte de temps. Cours auxquels je suis obligé d’assister. Ils sont bénéfiques à certains égards. Pas plus tard que vendredi, un collègue m’a permis de comprendre un point sur lequel je bloquais. Mais si je fais la somme de ces bénéfices, ils restent très inférieurs à ceux résultant potentiellement de mes sessions de travail personnel.

Sur les deux semaines qui viennent de passer, je ne peux pas dire avoir appris grand-chose de nouveau, ou même renforcer des acquis. Seul, j’aurais pu approfondir les idées enseignées en classe et passer sur de nouvelles notions sur lesquelles je brûle d’envie d’en savoir plus. On parle de logique et de théorie des ensembles. J’aurais aimé avoir le temps de réfléchir sur le Paradoxe de Russell et approfondir le lien formel entre logique propositionnelle et ensembles. Je n’ai pas eu le temps. On parle de circuit en courant continu. Un week-end suffit à maitriser les notions du semestre. J’aurais aimé avoir plus de temps pour travailler sur les causes plus fondamentales de l’électricité. Force, champ, potentiel électrique/magnétique.

Bref, je ne sais trop quoi en penser pour le moment. Certains me diront que je veux aller trop vite. Peut-être. Mais si je m’en sens capable, ne serait-ce pas un gâchis énorme que de ne pas me réaliser à mon plein potentiel ? J’ai déjà trop ce goût amer des quelques années “perdues”​(2) pour me permettre de laisser filer le temps une fois de plus.

L’université n’est pas non plus à rejeter en bloc, bien entendu. L’idéal voudrait que j’arrive à m’affranchir de certaines contraintes, tout en gardant la possibilité de maintenir un lien avec des enseignants, ou d’autres étudiants pour une coopération constructive.

Nous verrons bien ce que l’avenir nous réserve.

Assez parlé de moi ! Bravo si vous êtes encore là ! Je n’ai pas dû être facile à suivre ! Mais cette mise au point était nécessaire. Puissiez-vous tout de même tirer quelques enseignements de tout mon baratin !

Toute expérience est bonne à prendre – tant que vous en extrayez les enseignements sous-jacents. Il n’y a pas de chemin idéal. Le mien n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. N’ayez pas peur de vous tromper. N’ayez pas peur de prendre les mesures nécessaires en temps voulu. Peu importe ce qu’en pensent les autres. Seul votre jugement compte. Pensez en terme d’investissement. Écoutez votre cœur, vous saurez ce qui est bon pour vous.

Si vous vous en sentez le courage, n’hésitez pas à partager votre propre chemin, ou simplement vos doutes et interrogations dans les commentaires. Tout le monde en tirera un bénéfice.  

Et puisque nous sommes en début d’année, message à tous les étudiants : placez-vous dès à présent sur la droite verte ! Ne le faites pas et soyez certain de le regretter un jour. Si vous ne savez pas comment vous y prendre, suivez-moi sur ce blog, je ferai de mon mieux pour vous aider !

Allez – courage à tous !

(1) Simon Singh, Le Roman du Big Bang. Pluriel. p110

(2) Attention : perdues n’est probablement pas le bon mot. Ces années ont participé à forger la personne que je suis devenue et celle que je serai amené à devenir. Ce sont les enseignements que j’en tire qui sont importants.

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JDB #Semaine 1 : Petit point sur l’avenir du blog

#Le JDB

Attention, ce billet sera court … Il s’inscrit dans une nouvelle lignée de publications qui signe – enfin – une reprise d’activité sur ce blog trop longtemps délaissé.

JDB pour journal de bord, le but est double : m’exprimer sur la semaine qui vient de se dérouler, les évènements importants, l’avancée dans mes projets, mais avant tout, partager des idées. Un exutoire ? Peu importe le nom qu’on lui donne. Nous sommes tous constamment traversés par des flots d’idées dont l’ampleur nous échappe. Innovantes et ingénieuses, embarrassantes et douloureuses, jubilatoires, assommantes, philosophiques … Je me suis rendu compte ces derniers temps que, quel que soit le qualificatif qu’on leur donne, elles tournent en boucle dans ma tête. Quel intérêt ? Aucun. L’idée est bonne ? Ne prenons pas le risque de la perdre, et mettons-la en perspective ! L’idée nous fait souffrir ? Externalisons-la au plus vite et passons à autre chose. La structuration liée à la mise par écrit ne pourra être que bénéfique.

Le concept évoluera probablement, mais le voici dans ses grandes lignes. Chaque semaine, je collecterai les idées les plus significatives et les partagerai dans les JDB. L’écriture se veut rapide, fluide et sans prise de tête. La structure sera sommaire, mais suffisante pour une lecture agréable. Enfin, cela c’est vous qui me le direz.

Puissiez-vous y trouver une source d’inspiration.

#Les Study Tips

Mais ce n’est pas tout. Parallèlement aux JDB, et dans l’optique de poursuivre sur l’idée initiale du blog, j’écrirai régulièrement dans une deuxième nouvelle série : les Study Tips. Des idées toujours, mais cette fois-ci, uniquement orientées sur la vie et la réussite académique. Une idée unique par billet, que je prendrai le temps de bien développer pour que vous puissiez en saisir toute la signification. Une série, donc, à destination des étudiants. Pas de distinction lycée – supérieur. Tout le monde y trouvera son compte.

Cette série vous donnera matière à mettre en œuvre pour augmenter considérablement vos chances de réussite « académique ». Mais attention, elle ne se suffira pas à elle-même. J’écrirai très certainement d’autres billets complémentaires, mais comme je l’explique dans ma page À propos, je doute fort qu’un blog soit le meilleur support pour transmettre convenablement un savoir/savoir-faire complet sur les principes de la réussite académique.

Tenant compte de ces limitations, j’espère pouvoir vous livrer – à travers ces Study Tips – le meilleur de ce qu’un blog peut vous apporter. Mettez tous ces conseils en application et vous aurez alors déjà fait un grand pas vers une vie lycéenne ou universitaire plus épanouissante.

#Chroniques

Enfin … parce qu’une dernière série de billets se profile, je partagerai des résumés orientés de mes nombreuses lectures dans la série Chroniques. L’idée est d’écrire autant sur des livres que sur divers articles de magazines ou papiers scientifiques que je suis amené à lire. Orientés car je ne me contenterai pas de produire de simples résumés sans intérêt. L’idée est de mettre le contenu de ces lectures en perspective, vis-à-vis des objectifs du blog en terme de réussite académique et de développement personnel. Ainsi je partagerai prioritairement les lectures qui ont un intérêt particulier au regard de ces problématiques.

Fans d’industrie spatiale, soyez à l’affût d’un prochain billet sur la biographie d’Elon Musk par Ashlee Vance. [Publié le 27/09/2018]

Je crois que j’ai fait le tour. Prochainement, je reviendrais plus en profondeur sur votre interlocuteur … Donc sur les récents changements dans ma vie, ma reprise d’étude et ses motivations, mes projets personnels liés à ce blog – ou non, etc. Histoire que vous en sachiez un peu plus sur celui qui vous parle.  

N’hésitez pas à faire un tour sur la page Facebook d’Elixir Learning. L’activité n’est pas sensationnelle, mais j’y publie régulièrement des citations qui sauraient vous inspirer !

Sur ce, je vous souhaite une bonne rentrée – si tel est le cas. Et autrement, une bonne réussite pour l’année à venir.

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[EL] Besoin d’ailleurs : rapide introspection

#Rencontrer l’inconnu

Cela fait quelques temps que je prévois partir à l’aventure. Alors trêves de réflexion, c’est décidé, je pars pour le Maroc. D’une manière un peu particulière, vous allez voir.

Au départ, je ne pensais pas nécessairement au voyage. Il y a plein de manières différentes de vivre une « aventure » : l’ascension d’un sommet difficile, une expédition en montagne, une expédition en mer, une grande randonnée, un week-end en falaise (pour les grimpeurs), etc. Vous remarquerez mon goût pour les sports de plein air. Mais une aventure peut être tout autre chose : une semaine de vacances en famille, entre potes, travailler un mois sur un bateau de croisière en tant que serveur, partir découvrir un pays, faire un safari dans la savane africaine, participer à des actions humanitaires, lancer une association étudiante, une entreprise, que sais-je encore !

Bref une aventure, c’est une entreprise dont le but est d’échapper à l’ordinaire, de se confronter à l’inconnu ; c’est-à-dire partir à la recherche de situations qui peuvent s’avérer difficiles ou challengeantes, et dont vous n’avez jamais eu à faire face auparavant. Vivre une aventure, c’est risquer d’échouer, c’est oser réussir, c’est se mettre à l’épreuve, continuellement, volontairement ou non.

« La vie s’arrête lorsque la peur de l’inconnu est plus forte que l’élan. »

Hafid Aggoune

Celui qui monte une asso étudiante pour la première fois devra faire face à tout un tas de nouvelles difficultés qu’il n’aura encore jamais rencontrées. Peut-être va-t-il se tromper dans sa manière d’approcher ces difficultés ? Peu importe, il en ressortira plus fort, parce qu’il aura appris. Il en va de même pour celui qui part en montagne, pour celui qui part en mer, pour celui qui fait de l’humanitaire ou pour celui qui voyage. Tous ces gens partent pour apprendre. Certes ce n’est peut-être pas leur but premier. Peut-être n’est-ce pas leur but du tout. Mais quoi qu’il en soit, inévitablement, ils apprendront, ils sortiront grandis de leurs expériences (intellectuellement, mentalement, psychiquement, psychologiquement, émotionnellement, physiquement, enfin bref vous voyez !).

#Envie et besoin

De tous ces genres d’aventures, j’ai choisi le voyage, dans sa forme la plus épurée. Mais avant de rentrer dans les détails, une question se pose. Quelle idée d’aller se mettre dans de telles situations quand on pourrait se contenter du confortagréable du quotidien ? Quelle motivation a-t-on à vivre une aventure ? Je pense qu’il y a deux choses à considérer : l’envie, quand le confortest agréable, et le besoin, quand il ne l’est plus. Qui n’a jamais eu envie de tourner le dos à sa vie quotidienne et plonger dans l’aventure ? Et qui n’a jamais ressenti le besoin de tout plaquer et de vivre autrement, le temps d’une aventure ? Tout le monde, qu’il se l’avoue ou non.

Toutefois je ne vais pas rentrer dans le détail de l’envie versus le besoin. Il y a beaucoup à dire sur ce sujet et cela pourra faire l’objet d’un futur article. Retenez simplement que l’envie ne répond pas à un manque, contrairement au besoin, qui lui témoigne de ce manque et d’un inconfort. En matière d’aventure, la motivation peut être soit l’envie, soit le besoin, ou les deux.

J’ai toujours eu envie de voyager, bien que je n’ai encore jamais eu l’occasion de le faire. J’ai pu profiter d’un bon nombre de semaines de vacances en familles, toujours très intéressantes, agréables et durant lesquelles j’ai beaucoup appris, mais cela ne correspond pas à l’idée que je me fais du voyage. Jusqu’à maintenant, le voyage a toujours été une envie, et ça le restera.

Mais aujourd’hui, si je suis sur le point de partir, c’est certainement plus par besoin et par nécessité. Vous savez, ce ressenti, cette chose qui appelle, qui te dit que ce que tu vis actuellement ne te remplit pas, ne te rend pas heureux, ne fait pas sens pour toi. C’est le manque de nouveau, le manque d’inconnu, le manque de bonheur et de cohérence entre les valeurs et les actes qui appellent, et qui dit, « Ecoute, change d’environnement, fais face aux difficultés, affronte les dangers et utilise la force que l’adversité te procurera comme un effet de levier pour te propulserencore plus loin par la suite. Si tu ne le fais pas, tu stagneras, les choses n’avanceront pas et ton état empirera. »

#Explorer et se perdre pour se dépasser, découvrir et se connaître

C’est donc un besoin de changement, un besoin de découverte, du monde, des gens et de moi-même, qui me pousse à partir. Quelles découvertes ? Quelles explorations ? Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de parler de la destination en elle-même. Ce n’est pas le but premier de ce voyage. Outre la découverte des paysages extraordinaires que le Maroc a à offrir, c’est la culture qui m’attire le plus, la rencontre, la confrontation aux gens, à la société. La découverte du partage et de l’hospitalité dont est encore capable ce monde d’apparence individualiste et capitalisé.

Cette confrontation commencera dès l’instant de mon départ. En effet, j’ai choisi de partir sans argent (hormis le nécessaire pour les frais administratifs, tels que la téléphonie pour garder contact avec ceux qui s’inquiètent). Sans argent, le seul moyen de transport dont je dispose pour rejoindre le Maroc, c’est le stop. A commencer par l’auto-stop pour la France, l’Espagne, puis pour mes déplacements au Maroc et le bateau stop lorsqu’il s’agira de traverser la Méditerranée.

L’hébergement sera au gîte chez l’habitant. La nourriture dépendra de l’hospitalité de mes hôtes et du partage dont feront preuve les commerçants. Le monde nous dit que 1,3 milliard de tonnes de nourriture est gaspillé chaque année ; de quoi nourrir deux ou trois estomacs affamés, en somme.

Dans tous les cas, le partage se veut réciproque. L’argent est-il le meilleur moyen de remercier et d’éprouver sa gratitude ? Je ne pense pas. Ne serait-ce pas même le pire ? Si je peux rendre la pareille à tous mes bienfaiteurs, par un service, une aide, un troc ou ne serait-ce qu’un échange convivial, j’en serais le premier heureux.

#Objectifs

Ce voyage, je l’espère, me permettra donc de me recentrer sur l’importance des besoins élémentaires, à commencer par le sommeil et la nourriture, puis l’échange, sans lequel rien n’est possible. Il me permettra, je l’espère, d’apprendre énormément sur les relations d’Homme à Homme, sur le respect mutuel, l’hospitalité, la confiance et comment la gagner. Toquer à la porte des gens et demander si l’on peut dormir chez eux le temps d’une nuit ne suffit pas, surtout si l’on tombe sur des personnes très à cheval sur leurs principes. Il va falloir apprendre à slalomer entre les peurs et les angoisses, pour rassurer et prouver à ceux qui le pense, que le monde n’est pas fait que de malfaiteurs prêts à brandir leur couteau pour faire le mal, mais qu’au contraire, il est rempli de gens bons, prêts à aider leurs semblables, parce qu’au fond, nos besoins à tous sont identiques.

L’hospitalité des hôtes dépend de soi et c’est en donnant qu’on reçoit. Mais on a beau connaître ce principe, sa mise en pratique reste toujours difficile. L’enthousiasme est important à tout point de vue. Ce voyage, je l’espère, m’apprendra à le garder constamment, même lorsque les situations n’y seront pas favorables.

Aussi ce voyage me permettra, je l’espère, de prouver au monde et à moi-même que l’argent, sans pour autant être un mal absolu, terni considérablement le rapport humain. Je le ressens même à ma modeste échelle. L’argent ternit mes rapports aux gens. C’est un intermédiaire sans lequel tout devient plus vrai et spontané.

Les rencontres que je m’apprête à faire n’engagent à rien car elles seront éphémères. Faire du stop, c’est saisir l’opportunité de découvrir la vie des gens le temps d’un trajet. De leur poser des questions sur leur vision du monde, du bonheur, de savoir si eux-mêmes sont heureux, ou pourquoi ne le sont-ils pas et comment s’y prennent-ils pour espérer l’être. Parce que la rencontre est éphémère et n’engage à rien, il est beaucoup plus facile de se confier, autant pour l’auto-stoppeur que pour le conducteur. La parole devient beaucoup plus libre, plus vraie et plus spontanée, parce qu’aucune pression ne s’exerce. Parler de la même manière à une personne que l’on côtoie régulièrement est impossible ou cela demande une dose de courage (masochisme ?) trop importante.

Et il en va de même pour l’hébergement chez l’habitant. Sauf que cette fois-ci, l’opportunité s’étend à la découverte d’une vie de famille, d’une colocation d’étudiants, d’un passionné de sculptures sur bois, d’un squat de musiciens, d’un couvent ou d’un monastère religieux, etc. Qui sait ce que l’on peut découvrir et quel nouvel univers va s’ouvrir à nous !

Ceux qui seront là pour vous aider, seront d’un naturel ouvert et tolérant. Autrement dit, vous ne risquez pas de passer du temps avec des personnes individualistes et fermés à l’échange, parce qu’elles vous refuseront l’hospitalité. La sélection s’opère d’elle-même.

#Voyage au Maroc

C’est donc ainsi que je me retrouve sur le départ pour le Maroc. Un mois et demi de voyage et d’inconnu qui se profile. Se retrouver face à cet inconnu a un côté très plaisant et libérateur. Je ne sais pas si je vais arriver à destination dans les temps prévus, je ne sais pas où je dormirai ce soir, je ne sais pas où j’en serai demain, je ne sais si je pourrai manger à ma faim, je ne sais pas qui je vais bien pouvoir rencontrer. Mais malgré tout ça, j’ai confiance. Et cette confiance est un trésor. Parce qu’elle me dit que quoi qu’il arrive, ce sera une victoire.

Le but de cette aventure n’est pas d’être facile, bien au contraire. Je compte me pousser dans mes retranchements. Physiquement, mentalement et psychologiquement. Je ne sais pas ce que je vais pouvoir découvrir, sur moi, sur le monde, sur les autres, mais une chose est certaine : je vais apprendre, grandir et découvrir. Et ça c’est une victoire.

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