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Oignon Fugace

Si l’élégance se justifie ?

Il arrive qu’on me reproche mon emploi d’un niveau de langage trop pointu, une élégance superflue.

Je comprends, et devrais m’adapter peut-être. Et pourtant, l’élégance se justifie d’un intérêt : elle ne se laisse pas facilement lire mais préfère se faire réfléchir. Elle ménage une sélection en éloignant ceux qui n’y trouvent pas leur prémâché rassurant. Les autres, dans l’inconfortable effort de mâcher par eux-mêmes, embrasseront le message, l’analyseront et extrapoleront les sens nombreux, l’élégance créant ses propres intentions, à quelques pas de celles de l’auteur ; de nouveaux trains de pensées naissant ainsi, pour le meilleur.

Aussi, à la façon des plus grands mets, la saveur ne se trouve-t-elle pas dans la subtilité, dans la belle disposition qui ne dit pas tout mais laisse simplement entrevoir.

C’est vrai… m’affranchir de l’élégance m’éviterait bien des efforts et des tourments. Et pourtant, cette difficile quête m’est précieuse et saura m’être bénéfique.

Difficile par crainte d’illégitimité. Parce que les mots ne sont pas toujours les miens et semblent parfois surgir plus de ma bibliothèque que de ma tête. Un emprunt aux airs de vols, qui met mal à l’aise lorsque nos pauvres talents sans mérites nous épient obstinément. Mais n’est-ce pas le lot de tous les auteurs ?

N’est-ce pas le lot de l’humanité, qui en copiant et en imitant souvent, finit quelques rares fois par créer et par innover, et enfin par transmettre, avec juste ce qu’il faut d’ambiguïté.

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Ce que les pilotes ont à nous apprendre

Tous les corps de métiers ont leurs enseignements, et nombreux seront les bénéfices d’une fréquentation large et diverse. On apprendra la rigueur d’un mathématicien, la conceptualisation d’un scientifique, les mécanismes de la confiance d’un marketeur, le mérite du travail d’un artisan, la créativité d’un artiste, la persévérance d’un entrepreneur, que sais-je encore.

J’ai découvert récemment les activités de Pierre-Henri Chuet, ancien pilote de chasse dans la marine française, reconverti dans le civil et désormais conférencier international. Les idées qu’il transmet viennent du constat qu’un nombre faramineux d’inventions militaires ont à terme profité à la vie civile, et surtout qu’il ne doit pas s’agir uniquement de matériel, mais aussi de méthodes et de valeurs. Et de ce côté-là, nous avons beaucoup à apprendre !

Par exemple :

  • Le débriefing systématique après chaque mission, même les plus courtes, pour prendre du recul sur ce qu’il est advenu, erreurs et bonnes réalisations, et en tirer les conséquences pour les missions futures, dans un souci de constante amélioration. Ce qui rejoint ce que j’ai déjà pu écrire.
  • Méthode de coaching : s’arranger à ce que le coaché en vienne de lui-même à la conclusion qu’on souhaite transmettre, de sorte à ce qu’une fois sur le champ de bataille, là où la pression risque d’outrepasser la raison, il défende la conclusion plus férocement et ardemment que si elle lui avait été imposée.
  • Ne pas “piloter derrière l’avion”. Ne pas réagir aux événements, mais toujours avoir un temps d’avance, le mot d’ordre étant de “piloter devant l’avion”. De toujours savoir ce qu’il se passe deux minutes en avance. D’anticiper le moment pour qu’une fois face à la décision, celle-ci soit évidente, car mentalement déjà prise.

Entre mille autres choses.

Fouillons du côté de l’aviation de chasse car j’ai bien l’impression que quelques trésors s’y trouvent, pour que nous aussi nous pilotions au-devant de notre aéronef de chair.

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Jeu, Enjeu, Révolte et État d’Âme

L’école transforme le jeu en enjeu. En une sorte de loi, un devoir étrange qu’il nous appartient de remplir. Sauf qu’un devoir doit s’associer d’une solide raison d’être et de bon sens au yeux de qui doit le réaliser, car autrement, il est d’un ordre naturel de le remettre en cause et de lutter contre la loi qui l’impose.

Le jeu est celui de la curiosité authentique et naturelle. Celle de l’enfant qui apprend pour se mouvoir et atteindre cet objet qui l’intrigue. L’enjeu est celui de l’éducation. Beaucoup y trouveront leurs raisons, cela est acceptable. Mais pour ces autres qui cherchent encore à se mouvoir – non pas qu’ils sont en retard, mais plutôt qu’ils veulent aller plus loin – , il en va de l’indignation.

Alors, comme l’indignation sans révolte n’est qu’un état d’âme, il en va soit de la révolte, soit de l’état d’âme.

Quelques-uns se retrouveront sur la brèche entre les deux, redoutant l’effort de la révolte et craignant les dangers de l’état d’âme. Ou fuiront-ils la source de l’indignation pour n’avoir à pencher d’aucun côté ?

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